ornière

ornière

ornière [ ɔrnjɛr ] n. f.
• 1278; de l'a. fr. ordière (v. 1190), lat. pop. °orbitaria par crois. avec 1. orne
1Trace plus ou moins profonde que les roues des voitures creusent dans les chemins. « le sable du chemin sillonné de profondes ornières que l'eau remplissait entièrement » (Vigny).
2Fig. Chemin tout tracé, habituel. « Vous êtes le criminel classique. Vous suivez l'ornière » (Romains). Loc. Sortir de l'ornière, d'une situation pénible, difficile.

ornière nom féminin (ancien français ordiere, du latin populaire orbitaria, du latin classique orbita, ornière) Trace creusée dans le sol des chemins par les roues des voitures. Espace compris entre un rail et un contre-rail, dans un appareil de voie, un passage à niveau, etc. ● ornière (expressions) nom féminin (ancien français ordiere, du latin populaire orbitaria, du latin classique orbita, ornière) Rail à ornière, nom donné parfois au rail à gorge. Sortir de l'ornière, se dégager de la routine, sortir des sentiers battus ; se tirer d'une situation difficile. ● ornière (synonymes) nom féminin (ancien français ordiere, du latin populaire orbitaria, du latin classique orbita, ornière) Sortir de l'ornière
Synonymes :
- chemin battu

ornière
n. f.
d1./d Trace profonde creusée par des roues de voitures dans un chemin. S'enfoncer dans une ornière. Syn. (Acadie) rouin.
|| Loc. fig. Sortir de l'ornière: se sortir d'une situation difficile.
d2./d Fig. Voie toute tracée que l'on suit par routine. L'ornière des préjugés.

⇒ORNIÈRE, subst. fém.
A. —Trace plus ou moins profonde creusée par les roues des voitures dans le sol. Éviter les ornières; chemins à ornières. La charrette se soulevait lentement, les roues sortaient à demi de l'ornière (HUGO, Misér., t.1, 1862, p.219). Le fardier était passé, on entendait s'éloigner les secousses profondes des roues dans les ornières (ZOLA, Bête hum., 1890, p.36):
1. Elle descend les marches d'un bond (...), traverse le chemin creux lentement, (...) attentive à poser ses galoches trop grandes au creux de l'ornière, afin de ne pas glisser.
BERNANOS, Mouchette, 1937, p.1326.
B. Au fig. Voie ancrée dans l'habitude; routine. Se traîner dans l'ornière. L'ornière des préjugés (Ac. 1835-1935). En 1830, au mois de septembre, je rentre dans l'ornière administrative où je suis encore (STENDHAL, H. Brulard, t.1, 1836, p.23). Michelet était dans la voie quand il rencontra la fistule de Louis XIV, mais il retomba tout aussitôt dans la vieille ornière (A. FRANCE, Bonnard, 1881, p.376):
2. ... je voulais devenir quelqu'un (...), poursuivre sans fin l'ascension commencée depuis ma naissance; il me fallait donc m'arracher aux ornières, aux routines...
BEAUVOIR, Mém. j. fille, 1958, p.188.
Prononc. et Orth.: []. Ac. 1694 et 1718: orniere; dep. 1740: ornière. Étymol. et Hist. Fin XIIIe s. [date du ms.] orniere (Renart, éd. M. Roques, II, 4705; var. ordiere ms. K, mil. XIIIe s., ortiere ms. L, XIVe s.). Prob. altération sous l'infl. de orne «rang, ligne», v. orne2, de l'a. fr. ordiere, att. surtout dans les dial. du nord et de l'est de la France par des textes de la fin du XIIe s., transmis par des mss du XIIIe s. (1er tiers XIIIe s. Aliscans, éd. P. Rasch, p.369, 6174; v. aussi T.-L., GDF. et GDF. Compl.), du lat. pop. orbitaria, dér. à l'aide du suff. coll. -aria, de orbita «ornière», v. orbite (cf. les formes dial. wallonnes oûrbîre, warbir, FEW t.7, p. 388b) plutôt que dér. dir. de orne (cf. G. PARIS ds Romania t.4, p.511 et t.8, p.628). Fréq. abs. littér.: 384. Fréq. rel. littér.: XIXe s.: a) 373, b) 682; XXe s.: a) 621, b) 574. Bbg. WEXLER 1955, p.16, 27, 31, 33; pp.44-50, 56, 60; p.127.

ornière [ɔʀnjɛʀ] n. f.
ÉTYM. Déb. XIIIe; altér. de l'anc. franç. ordière (v. 1190), d'un lat. pop. orbitaria, rad. orbita, par croisement avec 1. orne.
1 Trace plus ou moins profonde que les roues des voitures creusent (cit. 14) dans les chemins, les voies de terre. || Ornières qui cahotent (cit. 1) les chariots (cit. 1). || Les chevaux enfonçaient (cit. 20) dans la boue et butaient contre les ornières. || Éviter les ornières ( Cartayer). || Ornières remplies d'eau (→ Crapaud, cit. 1; gorger, cit. 9; grenouille, cit. 3). || Feuilles mortes qui pourrissent dans les ornières (→ Automne, cit. 9).
1 À peine sorti de Loudun, le sable du chemin, sillonné par de profondes ornières que l'eau remplissait entièrement, le força de ralentir le pas.
A. de Vigny, Cinq-Mars, VI.
2 En bas, dans les suintis de sources, les fardiers enfonçaient dans des ornières si profondes que les roues souvent s'enlisaient, qu'il fallait dételer les chevaux.
M. Genevoix, Forêt voisine, XV.
Par extension :
3 Mais voilà que la belle route, la principale artère de la Tunisie, n'est plus qu'une ornière affreuse. Partout, l'eau des pluies l'a trouée, minée, dévorée.
Maupassant, la Vie errante, « Vers Kairouan ».
2 Par métaphore ou fig. Habitude invétérée ( Routine) dont on ne peut se débarrasser. || Suivre l'ornière, rouler dans l'ornière (→ Enseignant, cit. 3). || Piétiner (→ Muet, cit. 3), retomber dans de vieilles ornières. Errements.Sortir de l'ornière (→ Heurt, cit. 4).
4 (…) mais un des caractères du génie est de ne pas traîner sa pensée dans l'ornière tracée par le vulgaire.
Stendhal, le Rouge et le Noir, II, XVIII.
5 — Vous voyez, reprit Quinette, avec une satisfaction amère, vous n'êtes pas long à percer à jour. Vous êtes le criminel classique. Vous suivez l'ornière. Ce sera l'enfance de l'art que de vous cueillir.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. II, V, p. 46.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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